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Classement du système d’endiguement de la Baie du Mont-Saint-Michel
- Études
Pourquoi classer les digues ?
Le classement des systèmes d’endiguement assure que chaque digue ou système de protection soit connu, surveillé et entretenu en fonction des risques encourus par la population. Comme il existe différents niveaux de risque, la réglementation prévoit 3 catégories de classement selon :
- La population protégée : combien de personnes vivent dans la zone derrière la digue.
- Les enjeux économiques et environnementaux : présence d’activités, d’infrastructures, d’espaces naturels sensibles.
- L’importance de la protection apportée : surface protégée et niveau de sécurité offert.
Afin de définir le niveau de classement (A, B ou C) et les obligations de contrôle et de maintenance associées, il faut réaliser des études de dangers qui permettent de :
- Évaluer les risques de rupture ou de dysfonctionnement du système.
- Mesurer les conséquences potentielles pour la population, l’économie et l’environnement.
- Proposer des mesures de prévention et d’entretien afin de réduire la probabilité d’accident.
➡ Concrètement, l’étude de dangers répond à une question simple : que se passerait-il si la digue cédait ?
Conclusions de l’étude de dangers de la baie du Mont-Saint-Michel
Nom du système : Système d’endiguement de la Baie du Mt-St-Michel
Fonction principale : Protections contre les submersions marines
Type d’ouvrages : Digues littorales, portes-à-flot, clapets, vannes, barrage de la Caserne
Longueur totale : 37 km
Population protégée : 39 572 personnes
Classement réglementaire : Classe A (> 30 000 personnes protégées)
Gestionnaire : Syndicat Mixte du Littoral de la Baie du Mont-Saint-Michel
Niveau de protection : 8,10 mNGF (correspond à un évènement annuel)
Localisation : La zone protégée s’étend sur 28 communes en Normandie et Bretagne (en bleu sur la carte). Elle correspond à la zone basse du territoire.
Modélisations des évènements de submersion marine dans la baie du Mont-Saint-Michel
Plusieurs scénarios de submersion ont été simulés pour définir les performances des ouvrages constitutifs du système d’endiguement et définir les caractéristiques présentées ci-avant. Ces modélisations sont réalisées à partir de l’analyse de l’état des ouvrages existants, du terrain naturel et des conditions maritimes selon les évènements étudiés. Certaines incertitudes liées aux hypothèses de modélisations sont à prendre en compte, mais elles permettent d’orienter les choix de gestion du système d’endiguement.
Scénario 1 : niveau de protection actuel
Cet événement correspond au niveau de protection. Un niveau d’eau de 8,10mNGF au Mont-Saint-Michel est simulé avec les paramètres suivants : Hm0 = 1.1m, Tp = 15s et Op = 290°N. Ce niveau d’eau correspond à un évènement annuel (qui se produit tous les ans).
Deux cycles de marée successifs de coefficient 110-111 sont modélisés sur 24h et le niveau total est reproduit au large comme la somme de la cote de marée et de la surcote météorologique. Ces mêmes conditions sont reprises pour tous les scénarios.
Lors de cette simulation, le risque de défaillance d’ouvrage, face aux sollicitations de la mer, est faible. On observe néanmoins des franchissements par paquets de mer sur certains ouvrages/secteurs comme :
- La zone des Nielles sur la digue de la Duchesse Anne ;
- Le long de la digue des polders de l’Ouest.
Ces entrées d’eau sont cependant limitées, et elles ne conduisent pas à des accumulations d’eau dépassant les capacités des réseaux d’eau pluviale ou de ressuyage du marais, ainsi qu’à une défaillance d’ouvrage.
Scénario 2 : évènement cinquantennal
Ce scénario consiste à étudier la réponse hydraulique du système d’endiguement en cas de défaillance structurelle des digues de protection.
Pour cet évènement, un niveau d’eau de 8,40mNGF mesuré au Mont-Saint-Michel est retenu, ce qui correspond à un événement cinquantennal (qui a 1 chance sur 50 de se produire par an).
La simulation de cet évènement, plus fort, implique l’apparition notable de brèches dans les ouvrages aux points les plus faibles, définis au préalable selon l’état actuel des ouvrages. L’eau s’infiltre à travers ces brèches.