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Le territoire

Le littoral de la baie du Mont Saint-Michel est un territoire dynamique, par ses activités économiques et touristiques. Il a été poldérisé et adopté au fil des années par les populations qui se sont approprié ce territoire doté d’une grande richesse patrimoniale mais également fortement sensible aux effets du changement climatique.

Chiffres clés

Linéaire de
digues littorales

Superficie
zone inondable

Nombre de personnes protégées

LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE

LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Située au cœur du golfe Normand-Breton, dans le nord-ouest de la France, la baie du Mont-Saint-Michel s’étend de la Pointe du Grouin à Cancale (Ille-et-Vilaine) jusqu’à Granville (Manche). 

Les paysages variés de la baie racontent son histoire géologique et humaine. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, la baie est réputée pour son écosystème exceptionnel ainsi que pour sa richesse touristique et économique. Son intérêt dépasse la côte pour s’étendre jusque dans le Marais de Dol, situé à quelques kilomètres au sud.

Mais cet éco-socio-système cache aussi une vulnérabilité aux risques d’inondation.

Dans cette page, retrouvez des explications sur : 

ÉVOLUTION DE LA BAIE DU MONT SAINT-MICHEL

Les massifs du Mont-Saint-Michel, du Mont-Dol et de Tombelaine se sont formés il y a plus de 600 millions d’années sur un socle schisteux. Puis, lors de la dernière glaciation, la mer a progressivement recouvert la baie, isolant ces massifs cristallins et déposant des couches de sable et de vase.

Le comblement naturel de la baie a ensuite commencé il y à 8 000 ans par le dépôt progressif de tangue et de sables coquilliers.

Il y a 7 500 ans, la mer se situe environ 12 m sous son niveau actuel. Quelques schorres (herbus, en vert) se forment.

Il y a 6 000 ans, la mer se situe environ 8 m sous son niveau actuel. Les schorres s’étendent et des marais s’installent au fond des estuaires (en brun).

Il y a 4 000 ans, la mer se situe environ 4 m sous son niveau actuel. Des marais noirs (tourbeux, en gris) se forment au fond des anses du marais de Dol.

Il y a 2 000 ans, la mer est proche de son niveau actuel. La baie prend son aspect actuel.

ENDIGUEMENT DU MARAIS DE DOL

Au Moyen-Âge, les habitants commencent à construire des digues pour gagner des terres sur la mer et protéger les cultures.

  • Au 7e siècle, les premiers bancs de sables naturels se forment, facilitant l’installation des premiers villages de pêcheurs. 
  • Au 11e siècle, débute la construction de la digue de la Duchesse Anne qui s’étend initialement de Château-Richeux à la Chapelle Sainte-Anne.
  • Au 13e siècle, après l’achèvement de la digue, le drainage des terres gagnées s’organise avec notamment la canalisation du Guyoult et la création de deux exutoires principaux à Saint-Benoît-des-Ondes et au Vivier-sur-Mer (toujours utilisés).

 

Ces premiers aménagements participent à isoler le Marais de Dol, caractérisé par deux formations distinctes :

  • Le marais noir, marqué par un sol tourbeux et situé sous le niveau de la mer ;
  • Le marais blanc, formé de sables marins intertidaux et parcourus d’anciens cordons littoraux.

POLDÉRISATION DE LA PLAINE ALLUVIALE DU COUESNON

Après l’endiguement du Marais de Dol par la Digue de la Duchesse Anne, l’anthropisation de la baie se poursuit à l’Est, autour de l’estuaire du Couesnon. 

  • En 1856, la Compagnie Mosselman débute l’endiguement du Couesnon. Cela accélère le colmatage des rives Ouest et Est, devenues propices aux dépôts de sédiments, maintenant protégées des divagations du fleuve.
  • En 1860, à l’Est du Couesnon, une digue submersible devant relier la pointe de la Roche-Torin au Mont Saint-Michel est construite.
  • En 1933, la construction de la digue des Polders de l’Ouest est finalisée. Celle-ci devait initialement relier la Chapelle Sainte-Anne au Mont Saint-Michel mais sera finalement déviée jusqu’au barrage sur le Couesnon, maintenant endigué.

Au final, 2 800 hectares de Polders (marais littoral endigué et asséché) sont finalement conquis sur la plaine alluviale du Couesnon, contre les 3 800 initialement convenus. Le dernier polder est construit en 1949.

DATES DE POLDERISATION DE L’ESTUAIRE DU COUESNON

Ces aménagements ont entraîné une accumulation rapide des sédiments, menaçant le caractère maritime du Mont.

Dès les années 1970, la prise de conscience de ce phénomène a conduit à une volonté de restaurer l’aspect maritime de la baie. Des travaux majeurs sont menés entre 2005 et 2015 :

  • Construction d’un nouveau barrage sur le Couesnon ;
  • Création d’un pont-passerelle, reliant le Mont ;
  • Destruction de l’ancienne digue-route.

 

Résultat  : la mer recouvre de nouveau une partie des terres autour du Mont. Mais la baie continue d’évoluer naturellement et sous l’effet du changement climatique.

La montée des eaux s’accélère dans la baie du Mont Saint Michel

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TOPOGRAPHIE DE LA BAIE

Aujourd’hui, les paysages de la baie du Mont-Saint-Michel sont le reflet des nombreuses modifications naturelles et anthropiques intervenues au fil des années.

La zone basse, occupée par le Marais de Dol et les polders, à la particularité d’être inversée avec une pente décroissante de la mer vers les terres. Les anciennes falaises maritimes bordent cette zone, qui témoignent de l’emplacement originel de la mer.  Cette morphologie est propice à augmenter l’étendue et la durée des inondations en favorisant la stagnation d’eau dans les marais arrière littoraux.

LES RISQUES DANS LA BAIE DU MONT-SAINT-MICHEL

La Baie est un territoire soumis à plusieurs aléas hydrauliques (inondations, remontées de nappe…). Ils sont liés à sa géomorphologie particulière (topographie, marnage, etc …). On parle de risque car ces différents aléas sont susceptibles d’impacter les activités touristiques ou économiques en place. De plus, les changements climatiques et l’urbanisation croissante vont progressivement accroître ces risques. 

Ils nécessitent donc une vigilance accrue et une gestion adaptée afin d’anticiper et d’éviter les dégâts structurels, économiques et sociaux.

Phénomène naturel
d’inondation + ou – fort

Personnes, biens, activités susceptibles d’être inondés + ou – vulnérables

d’inondation
+ ou – critique

4 types d’aléas peuvent impacter notre territoire :

SUBMERSION MARINE :

Ce phénomène se produit lorsque des conditions météorologiques extrêmes (tempêtes, vents violents) se combinent avec des marées exceptionnelles, provoquant un envahissement temporaire des terres basses par la mer. La Baie, connue pour ses marées parmi les plus grandes d’Europe, est particulièrement vulnérable à cet aléa. Les dernières inondations par la mer remontent au 19e siècle, mais l’augmentation du niveau marin et du nombre de tempêtes vont accroître ce risque. En cas de défaillance des digues littorales, l’eau de mer pourrait s’infiltrer dans le réseau de canaux et rejoindre les zones plus basses situées à l’arrière.

REMONTÉE DE NAPPES PHRÉATIQUES :

Lorsque les précipitations sont prolongées et que les coefficients de marées sont élevés, le niveau des nappes phréatiques peut monter jusqu’à atteindre la surface, provoquant des inondations par émergence. Ce phénomène, plus difficile à anticiper, peut entraîner des inondations durables, notamment dans les secteurs à topographie basse. Cet aléa est aussi impacté par les effets du changement climatique. La hausse du niveau marin va engendrer la remontée du biseau salé (interface entre l’eau douce et l’eau salé dans les aquifères côtiers) et donc venir impacter les zones basses et ses activités. 

RUISSELLEMENT PLUVIAL :

En cas de précipitations intenses, l’eau de pluie ruisselle rapidement sur les surfaces imperméabilisées (routes, zones urbanisées) ou les pentes naturelles (massifs, mont). Ce ruissellement peut provoquer des écoulements concentrés, éroder les sols et entraîner des dépôts de sédiments en aval. L’installation de haies ou la réduction des zones urbanisées peuvent contribuer à réduire ce risque.

INONDATION FLUVIALE :

Les cours d’eau côtiers peuvent sortir de leur lit lors d’épisodes de fortes précipitations. L’ampleur des inondations dépend de plusieurs facteurs et de leurs concordances : l’intensité et la durée des pluies, l’état des sols (saturés ou non), la capacité d’écoulement des rivières et canaux, et la marée (fermeture des exutoires à marée haute, empêchant l’évacuation des eaux douces).

CARTE INTERACTIVE

SYSTÈME DE PROTECTION :

Qu’est-ce qu’un système d’endiguement

Une digue est un ouvrage construit ou aménagé en vue de prévenir les inondations et les submersions. Son utilisation est réglementée et soumise à autorisation, à travers son appartenance à un système d’endiguement (Décret n° 2015-526 du 12 mai 2015 dit « décret digues »).

On parle de système d’endiguement comme un ensemble cohérent d’ouvrages (digues, écluses, clapets, portes-à-flots …) conçus pour protéger une zone cohérente contre les crues ou la submersion. C’est une des solutions, très répandue en France (une commune sur deux concernée), pour faire face au risque d’inondation.

Après son autorisation, le système d’endiguement est géré par un gestionnaire (ici, le SML) et est contrôlé régulièrement par les services de l’Etat.

Le système d’endiguement de la baie du Mont Saint-Michel, est un système de classe A (qui protège plus de 30 000 personnes). Il a été classé par les services de l’Etat en 2022 et son gestionnaire est le Syndicat Mixte du Littoral de la Baie du Mont-Saint-Michel (SML). Il se compose de :

  • La digue de la Duchesse Anne ;
  • La digue des Polders de l’Ouest ;
  • La digue d’Ardevon ;
  • La digue de la Guintre ;
  • Le barrage de la Caserne (sur le Couesnon) ;
  • 11 ouvrages hydrauliques (portes-à-flots, clapet, vannes, pompes).

 

Sa zone protégée concerne 28 communes situées sur les terrains bas. Aujourd’hui, son niveau de protection est défini à une hauteur de 8,10 NGF mais des études de confortement sont prévus dans la cadre du Programme d’Actions et de Prévention des Inondations (PAPI).

L’entretien de ces digues est réalisé par les ASA (Associations Syndicales Autorisées) dont l’ASA des Digues et Marais, l’ASA des Polders de l’Ouest, l’ASA des Polders de l’Est et l’ASA du Littoral Sud-Est, selon les recommandation du SML.

Détails sur le classement du système d’endiguement de la Baie du Mont-Saint-Michel : étude de dangers et évènements de submersion marine

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Site de l’association France Digues

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